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La Société de Préservation du Village Vert – Episode 8 – Le Labyrinthe

 
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Georjabitbol
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MessagePosté le: Mar 7 Juil - 12:30 (2009)    Sujet du message: La Société de Préservation du Village Vert – Episode 8 – Le Labyrinthe Répondre en citant

Nous avancions péniblement, la maigre lumière offerte par le Zippo du Grand Crapoteur à flammèche depuis longtemps éteinte, laissant le pauvre bougre dans une humeur massacrante, désormais privé de ses cigares de qualité douteuse.

Pour se venger, ce dernier se mit à pousser la chansonnette « Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir »...

- « Dites-donc Grand Crapoteur » demandais-je « N'auriez vous pas quelque air plus guilleret dans votre besace, histoire de nous encourager ? »

- « Un kilomètre à pied paumé dans le noir et sans lumière ça use ça use... » Enchaîna le vil saltimbanque amateur.

- « Bon je pense finalement que le silence serait préférable... » Concluai-je.

C'est dans cette quiétude toute relative que nous poursuivions notre chemin quand soudain un cri déchira le silence devant nous, semblant s'éloigner petit à petit, pour se terminer par un bruit mat que ne dédaignerait pas une tomate qui viendrait à la rencontre fortuite d'une raquette de tennis à l'heure du service de table.

- « Grand Curateur ! » m'interpella la Grande Magicobjeticienne de la Pire Hâterie, « J'ai bien peur que la Grande Poésitophage ne soit tombée dans un trou ! »

- « Voilà autre chose... »

Nous nous approchâmes avec force précautions du lieu d'où provenait le hurlement, quelques mètres plus loin, et nous constatâmes qu'effectivement, un énorme trou invisible sans lumière barrait le passage.

- « Hum... heu Grande Poésitophage, ça va bien ? » Osais-je.

Aucune réponse.
En tâtant les contours du trou de mes petites mains délicates, je m'aperçus qu'une échelle était arrimée à l'une des façades.

- « On dirait qu'il y a une échelle, j'ai bien peur que nous n'ayons d'autres choix que de descendre ».

Arrivé au bas de l'échelle, nous ne trouvâmes aucune trace de notre amie, quelque peu décontenancés, nos recherches furent interrompues par une étrange mélopée semblant venir d'un des tunnels sombre nous entourant.

« Merzi zaigneur, merzi zaigneur ! »

- « On dirait qu'il y a un gars qui cause pas loin » remarqua avec aisance le Grand Déblatérateur Assermenté.

Nous décidâmes de nous approcher prudemment de la source, et quelle ne fut pas notre surprise d'entr'apercevoir les reflets d'un feu, venant rappeler à nos iris endormis les joies d'un monde polychrome.

« Hum, dites mois Flegmatique Flanistologue du Caramélisme, que diriez vous d'aller en éclaireur voir ce qu'il se passe ? » demandais-je.

« Je dirais qu'il n'en est pas question ! » me rétorqua aimablement mais fermement le flan.

« Bon et bien... Allons-y tous ensemble alors » dis-je avec lassitude.

Le spectacle qui s'offrit à nous était effarant. Un énorme brasier était allumé, dont les flammes flamboyantes venaient lécher avec une avidité que je jugeais déplacée en telle circonstance le plafond pourtant haut de cette partie du labyrinthe. Autour du feu, un être étrange se trémoussait en une danse obscène au rythme d'éructations ineptes et monotones : « Merzi zaigneur, merzi zaigneur ! ».

Tout à coup, ce dernier nous aperçut et arrêta net ses élucubrations, je pus enfin mieux le regarder.

Il était quasi nu et dépenaillé, ce pauvre être ne devait pas souvent manger à sa faim au vu de ses membres décharnés, enfin, la taille, bien que décevante, de son appendice nous renseignait sur son sexe, tout en nous signifiant certainement pourquoi le pauvre bougre souhaitait vivre caché dans ces tristes grottes à l'abri du regard des autres.

Je jugeai alors opportun de donner corps à cette rencontre du troisième type bien que ce drôle de gars soit le premier que nous rencontrions ici.

« Hum, heu salut mec, heu, je suis le Grand Curateur Inamovible de la Société de Préservation du Village Vert, mais tu peux m'appeler Georj', et heu, voici les membres de la société... Je te passe les détails hein ? Et heu, à qui avons nous l'honneur ? »

« Ze me nomme Zantiriep ! » répondit-il en nous lorgnant d'un air suspicieux que je jugeais pour le moins contraire à tout bienséance eu égard au rôle d'hôte que le malotru était malgré tout censé observer.

« Salut Riep, c'est cool que tu sois gentil » observa avec une bonhomie convaincante la Grande Disperturbée AbsurdoCarnétologue.

C'est alors que la Grande Absolutioniste du Prieuré Neutronuke s'écria « Grand Curateur, Par les Grands Anciens, regardez ! Le corps de la Grande Poésitophage ! ».

Nous nous retournâmes tous vers l'endroit indiqué par la Grande Absolutioniste et en nous approchant, nous ne pûmes que constater l'atroce vérité. Proche du feu, les membres offrant des angles défiant tout théorème mathématique connu, gisait le corps sans vie de notre amie. Comble de l'horreur, elle semblait avoir été grignotée par endroit...

Je me retournait dès lors vers ce Riep, pas si gentil que ça finalement, pour l'interpeller avec force : « Dites donc mon jeune ami, ne vous a-t-ont jamais appris à vous servir d'un couteau et d'une fourchette pour manger ! » l'apostrophai-je écoeuré par tant de laisser-aller.

« Za m'appartient ! » osa-t-il « Z'est une offrande de mon Zaigneur Mictlan ! ».

« Je ne connais pas ce Mike Tlan, mais je m'en vais lui dire deux mots sur les us et coutumes des arts de la table ! » Décrétai-je.

Étrangement, le membres de la communauté semblaient un peu gênés par la tournure de la discussion, je décidai alors de recentrer les débats.
« Bon, passons... Dites sinon, vous ne connaîtriez pas un moyen de quitter ces cavernes par hasard ? » Demandai-je

Je vis passer une lueur d'effroi dans le regard hagard de notre nouvel ami, qui me déclara à chaud :
« Le Zphinz ! ».

« Le Zvinze... Le singe ? » Releva interloqué la Suprême Botacliste.

« Non, le Zphinze, un être horrible, z'est le gardien du labyrinthe... Il poze des questionz, des nigmes, et zi tu réponz paz bien, il te manze ! » enchaîna notre jeune ami dans une phrase remarquable de sens.

« Ah, le Sphinx » reprit la Suprême Botacliste.

« Oui z'est ze que ze dit, le Zphinz » souligna avec humeur le gentil Riep.

« Et bien, encore une fois nous n'avons guère le choix... Auriez-vous l'amabilité de nous conduire à lui cher ami ? » Demandais-je.

Une lueur de peur passant subrepticement dans son regard, ce dernier accepta.

« Et dites, Grand Curateur... Pour la Grande Poésitophage ? » demanda le Splendide Baveuristologue du Fraisier.

« Quoi ? Vous voulez en prendre un bout vous aussi ? » demandai-je avec des goûts douteux.

« Heu... je pensais seulement qu'une sépulture décente... ».

Il était évidemment impossible de creuser une tombe dans ce labyrinthe sans outils adéquats, nous décidâmes donc de jeter son corps dans les flammes. Quatre membres de la Société se saisirent d'elle, attendant mon signal. Ne restait plus que l'oraison funèbre qui résonna dans les galeries silencieuses.

« Un membre de la Société de Préservation du Village Vert qui meurt, c'est un peu une part de nous qui s'en va dans le néant... Et heu... Dans l'estomac du gentil Riep » Rajoutai-je mal à l'aise en regardant ce dernier lorgner avec un intérêt contrarié la dépouille.
« Elle avait tendance à un peu trop foncer tête baissée dans un mur, ce caractère sanguin qui a fait la réputation gustative d'autres champignons ne l'aura sans doute pas aidé. Retenons seulement ce camarade de bonne compagnie, ainsi que le poète, au langage raffiné, dont les derniers mots... Heu... hum ce « Arrrrgggghhhh ! » malgré tout inspiré au vu des circonstances, résonne encore dans nos âmes et dont l'écho maladif de ces sombres cavernes restera le plus bel écrin .
Adieu l'amie»

Le corps fut alors jeté dans les flammes qui crépitèrent d'envie, et, dévorant le corps sans vie, semblèrent renvoyer l'image d'un sourire affable tel que nous voudrions le garder dans nos souvenirs.

Je trouvais néanmoins une salutaire consolation en me disant que les vers ne festoieront pas avec le poète, ce qui était pour le moins ironique.

Je me retournais alors vers le gentil Riep « Et bien mon brave, en route pour le Sphinx ! ».
_________________
Georjabitbol est l'homme le plus classe du monde.



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MessagePosté le: Mar 7 Juil - 12:30 (2009)    Sujet du message: Publicité

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